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Évolution de la viabilité économique du métier de photographe publicitaire

 
Depuis plus d’undemi siècle nous sommes dans la civilisation de l’image. Cela signifie aujourd’hui que le commerce, et donc l’industrie, en sont dépendants. Dans les années 80 -90 ce fut l’âge d’or de la communication et des métiers afférents. Et plus particulièrement des métiers de l’image. Celui de photographe a bénéficié alors d’un véritable prestige. C’était aussi une activité des plus lucratives. A titre de repère et pour mesurer cela, le moindre packshot (photo produit sans difficulté particulière) pouvant servir pour des catalogues ou des plaquettes, réalisé en studio parfois en très peu de temps, se vendait couramment 1000/1500 francs. Ce qui équivaudrait aujourd’hui à 300/450 E. Les prix étant déterminés par le jeu de l’offre et de la demande ils étaient ici sans grand rapport avec la réelle valeur de la prestation.La photo fut un eldorado et ceux qui l'atteignirent en tirèrent un profit exagéré.
La situation s’est aujourd’hui inversé. Un grand nombre de personnes/structures attribuent aux images des valeurs (marchandes) exagérément basses . Et la profession de photographe est devenue pour un grand nombre excessivement problématique. Le packshot peut se négocier maintenant dans une fourchette de 10 à 100E.
Avec l’arrivée de l’infographie et du numérique, les prestation en « retouche » - ou en gestion numérique des images – se négocièrent à leur tour et en début de période à des prix exagérés. Mais rapidement, avec la banalisation des techniques (que beaucoup possèdent superficiellement mais que très peu maîtrisent véritablement) les prix sont en train de s’écrouler. Il est demandé aujourd’hui aux photographes de fournir des images retouchées et « réglées » (au plan de la « chromie »), et cette partie du travail pouvant nécessiter de 50 à 100% du temps de la prise de vue elle-même n’est pas prises en compte dans la détermination des tarifs.
La tendance aujourd’hui pour le travail « courant » (packshots reportages photos documentaires) me semble suivre le mouvement baissier des biens de consommation. Et la rentabilité de cette activité ne peut plus être qu’en raison de la quantité et de la rapidité d’exécution. Cela rend donc de plus en plus problématique l’activité des photographes indépendants qui devraient être remplacés par des entreprises capables d’obtenir une demande suffisante ainsi que d’y répondre. Le métier reste viable pour le petit nombre qui a su acquérir une notoriété et s’imposer comme « artiste »…

GG
04/03/07