Philosophie et Raison

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17/08/08

Prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort
(Beaumarchais)


Le fait que l’on admet avoir à prouver que l’on a raison repose sur la conscience que l’on peut avoir tort. Cela parait être une évidence. Car si l’on pouvait admettre qu'i n'était pas nécessaire de « prouver », ou (plutôt) d’argumenter, pour démontrer la justesse d’un propos, cela signifierait implicitement que l’on n’émet que des vérités. C’est-à-dire que tout ce que l’on dit est vrai.
Or personne au monde n’est susceptible de ne jamais se tromper. Une seule « personne » est « capable » de cela; mais c’est en fait une entité (à mon sens) imaginaire et symbolique: Dieu. Ce symbole me semble précisément symboliser (entre autres) la conscience absolue de tout.

Mais l’utilisation du conditionnel (« serait accorder  ») laisse à penser que l’auteur souhaiterait peut-être ne pas avoir à « prouver » la véracité de ce qu’il dit ou la justesse de ce qu’il fait, de par le fait qu’il ne pourrait avoir tort (?).
Cela nous renvoi à un problème de société actuel: L’incapacité de jugement et de compréhension généralisée amène l’inopérance de la démonstration et de l’argumentation. Ce qui détermine que des idées ou des propos sont admis (c’est-à-dire qu’on les « croit »), n’est pas leur véracité et/ou une argumentation, mais la personnalité reconnue de l’auteur, voir les sentiments que celui-ci inspire.
Logiquement à cela, est apparue la notion de « label ». C’est en effet, la reconnaissance sociale ou officielle d’une personne, d’un groupe ou d’un organisme, qui constitue la garantie de véracité des idées et propos émis…