la raison - proverbes
Raison - Philosophie

01/02/09

Raisonner sur l'amour, c'est perdre la raison.
(Stanislas de Boufflers)

La raison d’être de cette affirmation pourrait être que raisonner, analyser, et chercher à comprendre l’amour amènerait probablement à le démystifier. Et les concepts de mystification et de mystères font précisément partie de l’univers de l’amour et y ont nécessaires. Cela est à mon sens incontestable lorsque l’on est dans une relation amoureuse. Mais d’une manière générale, il me parait important de nous efforcer de comprendre toujours mieux la réalité, y compris donc les choses afférentes à l’amour.

Par contre, dire « raisonner en amour c’est perdre la raison » serait alors totalement incontestable. Cela exprimerait la dichotomie entre l’univers de la Raison (et de la conscience), et celui de l’émotionnel (et de l‘amour), et surtout la nécessité de ne pas les confondre. Et les « mélanger » serait le fait de la non conscience de cette nécessité, c’est-à-dire précisément d’une faiblesse de la raison.

En effet, notre part émotionnelle s’accommode mal des qualités et/ou des comportements nécessaires dans l’univers de la Raison et de la conscience; par exemple et notamment la prudence, le doute et la réflexion. C’est au contraire la spontanéité , la confiance en soi et dans l’autre, la passion, l’intuitif et l’instinctif qui doivent dominer dans le domaine de l’amour.
Inversement, et considérant la conscience de la réalité en générale, les comportements spontanés instinctifs et passionnés, sont générateurs d’erreurs et d’illusions. Ils sont donc antinomiques à la raison…
[...] si notre vie affective nous fournit l'énergie, la motivation pour développer notre pensée, le « mélange », la confusion des deux, ne peut amener qu'une conscience fondamentalement erronée, une vision irrationnelle de la réalité…
[...]
D’UNE CERTAINE MANIERE, LA PENSEE ET L'EMOTIONNEL SE FONT RECIPROQUEMENT DISFONCTIONNER.
Lorsque la pensée est trop présente dans le domaine de l'amour et des passions, lorsque nous raisonnons à tout propos, nous annihilons notre « capacité de vie », notre spontanéité (notre « naturel »), par la gêne, nous inhibons notre fonctionnement émotionnel, nous devenons peu viables, affectivement diminués. Lorsque l'émotionnel dicte des actes, des idées et des prises d'opinion, c'est la déraison (9). Tout le monde sait cela implicitement ; ne considère-t-on pas que l'amour, la haine ou la colère entraîne la déraison ? Egalement, l'histoire regorge d'exemples édifiants de phénomènes collectifs montrant que lorsque les passions et les sentiments se déchaînent, la Raison s'efface.
[...]
Il devient aujourd'hui urgent, pour le bien de l'humanité, pour sa survie, de résoudre
véritablement cette contradiction. Nous devons à mon sens et impérativement séparer le domaine des émotions et de l’imaginaire de rêve de celui de la pensée; l'homme doit pouvoir penser librement, préserver sa rationalité, tout en gardant son aptitude à s'émouvoir et à réagir émotionnellement. Il doit devenir capable de « croire » ou de rêver à quoi que ce soit, sans que cela ne soit au détriment de sa conscience de la réalité. L'idée est d'être comme lorsque l'on pénètre émotionnellement dans l'univers d'un roman ou d'un film, tout en étant conscient qu'il ne s'agit pas de la réalité mais d'une expression humaine. Il me semble d'ailleurs que plus l'être est évolué plus il est capable de bien différencier l'imaginaire du réel.
L'idéal serait à mon sens d'être capable de s'émouvoir devant le merveilleux comme un enfant devant le conte de Noël, tout en connaissant la vérité, sans être dupe.
[...]

Extrait de La Planète Raison / Pensée et Emotionnel I