Philosophie de la raison
07 mai 2018

L'Intelligence Artificielle à l'image de l'Empirisme humain?

A en croire certains de nos médias nous sommes résolument entré dans l’air l’IA. Mais ce faisant nous sommes engagés dans la création de quelque chose que nous définissons mal : l’Intelligence ; cette faculté cognitive essentielle qui nous permet de « comprendre » (autre concept parfois mal cerné)(>>)...
Le philosophe de l’antiquité Platon avait posé la première pierre d’une problématique fondamentale concernant l’humain au travers de la fameuse Allégorie de la Caverne. Cette problématique fait encore aujourd’hui l’objet de discours longs et confus. Je la résume pour ma part en disant que l’homme comprend le monde tel qu’il le perçoit et non tel qu’il est (La Caverne>>...).

2500 ans plus tard une autre intelligence (naturelle) nommé(e) Albert Einstein faisait suite à cela par une certaine préoccupation. Michel Paty, son biographe, nous rapporte ceci : « Le problème fondamental de la pensée philosophique d'Einstein, autour duquel s'organisent ses propres analyses, est celui de la réalité du monde et de son intelligibilité, c'est-à-dire de la capacité de la pensée à le pénétrer, à s'en donner une représentation « vraie » (quoique provisoire), qui ne soit pas illusoire ou précaire. » (>>) ("Einstein" aux éditions " Les Belles Lettres " 1997).

Depuis Platon et Einstein tout le monde devrait savoir tout d’abord que les perceptions seules sont insuffisantes pour comprendre les choses. L’association de l’observation et du raisonnement est nécessaire pour une représentation mentale la plus juste, ou la plus « vraie » des choses. Et cette représentation (idée théorie discours…), aussi juste soit-elle, ne peut être en adéquation totale avec la réalité puisque celle-ci est infinie. Autrement dit, les vérités ne peuvent être à tout moment que relatives (>>). Cela impliquerait qu’une théorie même supposée « juste » devrait être considérée comme provisoire, en l’attente de devenir plus complète et plus juste ; l’essentiel étant que cette représentation ne soit pas fausse de manière rédhibitoire. Cela pose le problème de l’adéquation du raisonnement, lequel doit être logique (à la réalité).

Malheureusement cette manière de penser n'est pas dominante. Il semble que nous sommes encore souvent dans la démarche empirique reposant pour la résolution de problèmes par exemple, sur l'application de ce qui « semble marcher », et non sur la volonté d'interpréter et de comprendre (>>). Et il est plus que probable que les intelligences humaines qui créeront des intelligences artificielles, le feront naturellement à leur image, reproduisant leur propre mode de fonctionnement reposant sur l’apprentissage empirique et aboutissant à une démarche générale inadaptée (>>)...


GG


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