Raison - Philosophie
03 mai 2015

Vitesse réactivité (et connexes) vs réflexion et pensée élaborée

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- Vitesse réactivité et connexes vs réflexion et pensée élaborée

Les comportements mentaux actuels reposeraient sur la vitesse et les automatismes au détriment de la réflexion; et la cause de cette « évolution » semble être attribuée à la technologie numérique. Mais ne serait-ce pas plutôt le résultat d’une société modelée selon les nécessités d’un système économique dans lequel les atouts majeurs seraient la rapidité l’aptitude à mémoriser sans forcément comprendre, et la réactivité des personnes ?…
> Vitesse réactivité et automatismes vs réflexion et pensée élaborée
> Résultat du « numérique » ou de l’emballement d’une société hyper-marchande ?
> Comportements nouveaux et habitudes connexes
> Réflexion individuelle et réflexion collective – La « pertinence »


Vitesse réactivité et automatismes vs réflexion et pensée élaborée

Dans le chapeau d’un article interview intitulé « Génération Z : le cerveau des natifs du numérique » paru dans Science et Avenir, on pouvait lire ceci : « La génération Z (12-24 ans), qui a grandi avec les jeux vidéo et les téléphones portables, a gagné des aptitudes cérébrales en termes de vitesse et d’automatismes, au détriment parfois du raisonnement […] » (>>)…
Le monde actuel encourage et valorise les comportements de réactivité et de rapidité de la même manière que d’autres comportements en relation (§ « Comportements nouveaux et habitudes connexes »). Et cet engouement pour la vitesse et la réactivité s’oppose à la réflexion qui nécessite à l’inverse de la mesure de la prudence et du temps (pourquoi >>); et les personnes qui réfléchissent sont obligatoirement lentes (Einstein élève moyen et lent >>)
Mais une réponse mieux réfléchie ayant plus de chances d’être plus adéquate, cela pourra permettre d’économiser le temps que ferait perdre par la suite une réponse moins adéquate. Donc au final, même si réfléchir systématiquement peut paraître une perte de temps, le bilan global ou final sera tout de même et à l'inverse une économie de temps.
Il est à noter tout de même que bien des personnes qui « fonctionnent à l’instinct » ou « à l’intuition », semblent souvent réagir ou répondre de manière rapide ET adéquate (pourquoi >>)
.

Résultat du « numérique » ou de l’emballement d’une société hyper-marchande ?

Mais n'est-il pas plus logique de voir cela plutôt comme une des conséquences d’un système de société modelé selon les nécessités d’un système économique où la survie de toute structure est dépendante d’objectifs de rentabilité à court terme et qui impose une compétition constante. Et les atouts majeurs au plan des structures autant que des personnes sont de ce fait la rapidité et la réactivité. Cela induit ou renforce entre autres choses, l’aptitude à mémoriser sans (forcément) comprendre (plus précisément >>).
Bien entendu, les réalisations en matière de technologies numériques issues de ce système ne peuvent aller que dans ce sens ; mais ni plus ni moins que n’importe quelle autre production de ce même système, lequel, et par la force des choses induit une culture (comportements mentaux manières de penser...)
Et ce monde d'aujourd'hui cherche forcément à former des individus tel qu'il a besoin en même temps qu'à répondre aux attentes des consommateurs ainsi formés. Par la force des nécessités économiques, l'individu idéal serait un hyper productif et un hyper consommateur. Et l’esprit humain qui a normalement une vocation cognitive d’observation et de raisonnement tendra à se réduire à un rôle de stockage de données et connaissances incomprises, et avec des séries d’automatismes… Et cela sans que ce soit la conséquence directe du « numérique » !

Comportements nouveaux et habitudes connexes

Ce système de société encourage et/ou favorise et/ou engendre un certain nombre de choses connexes au couple vitesse/réactivité en lieu et en place, ou au détriment elles aussi de la réflexion et de la pensée élaborée…
> Le « zapping, la superficialité et le jugement rapide reposant sur des impressions ou des idées admises (c’est à dire « reçues »), s’opposent à la recherche de la compréhension de la réalité des choses et des situations.
De plus, le désintéressement de cette compréhension ne peut que provoquer incidemment l’amenuisement de la capacité d’analyse et de raisonnement (pourquoi >>). Et la dérive de sens de la locution « avoir raison » est caractéristique de ce désintéressement… Prise à son sens réel qui est d’énoncer des vérités (dire « quelque chose de vrai), elle semble paraître incongrue à bon nombre de personnes ; et « avoir raison » signifie bien trop souvent aujourd’hui « paraitre avoir toujours raison » y compris lorsque l’on a tort (c’est à dire lorsqu’on n’a pas raison!).
> Le comportement spontané et intuitif tend à remplacer la réflexion préalable à toute affirmation jugement et ou agissement. Dans ce cas ce sont des mécanismes inconscients qui nous dirigent au lieu de notre conscience. (L’intuition vs la raison?)
> La mémorisation, sans chercher à les comprendre, d'éléments apparemment disparates, tend à prendre le pas sur la recherche de compréhension et d’analyse
> La capacité multitâche qui consiste à fragmenter l’attention et l’énergie investie dans la réflexion est valorisée au détriment de la faculté de concentration
> La curiosité bien placée et la pertinence des questionnements cèdent le pas à la futilité là ou la raison seule devrait dominer…

Réflexion individuelle et réflexion collective – La « pertinence »

On pourra penser que ce manque de réflexion individuelle est compensée par une réflexion collective, c'est-à-dire des échanges de propos, des discussions. Mais des échanges entre des personnes peu enclines à la réflexion et à la pertinence, ne sont-elles pas d’autant moins pertinentes ? Et l’intelligence collective résultant de l'addition d'intelligences individuelles non ou insuffisamment pertinentes ne peut l’être à mon sens que d’autant moins; si tant est que l'on puisse nommer intelligence une intelligence non pertinente (pourquoi la « pertinence » >>)...
J’en veux pour preuve l'incapacité des groupes humains actuels à résoudre les grands problèmes de société et ce malgré le nombre de groupes de discussions de réunions et de débats aux quels nous pouvons assister comme par exemple dans le cadre de l’audio-visuel publics…


GG


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