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Economie de marché croissance et pollution

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Pollution et croissance

…Les grands problèmes planétaires qui nous préoccupent actuellement sont entre autres les crises économiques, les inégalités nationales et la pollution responsable d'un changement de climat qui s'annonce aujourd'hui.
Concernant le problème de la pollution, on tente d'imaginer des alternatives en énergie non polluantes (soleil vent) mais celles-ci sont infimes en regard des besoins en énergie de nos industries et des six milliards de terriens. La seule et unique solution est la diminution du nombre d'habitants du globe ainsi que l'arrêt de la consommation effrénée de biens, souvent inutiles, et de notre surconsommation individuelle d'énergie. Mais nos économies de marché capitalistes libérales ne peuvent se maintenir qu'à la condition du maintien d'une croissance permanente qui implique également la croissance de toutes les quantités, et donc également de celle de la démographie.
L'argent produit par la production n'est pas en totalité utilisé pour la consommation de celle-ci. De ce fait, en " circuit fermé " et en " statique " ce système de fonctionnement ne permet pas l'écoulement de la totalité de la production. Il est donc dans son principe par définition déficitaire en permanence. " En circuit fermé ", " l'ensemble consommant ", pour consommer suffisamment, doit disposer de plus d'argent qu'il n'en a. Cette différence ne peut être comblée que par une augmentation de l'argent produit qui nécessite une augmentation de la production et par suite une augmentation de la consommation… En " circuit fermé ", ce principe de fonctionnement ne peut exister qu'en raison d'une augmentation sans fin de la production et de la consommation c'est-à-dire " en dynamique ".
Une des nombreuses conséquences perverses de ce fonctionnement : chaque consommateur étant tenu de consommer un plus en plus grand nombre de biens pour participer à l'écoulement de production sans cesse en expansion, la nécessité pour écouler une production est de vendre et donc de produire à bas prix. On utilisera directement ou indirectement la main-d'œuvre meilleur marché des pays en voie de développement ainsi que leurs matières premières. Ce faisant on diminue d'autant le mouvement d'argent en direction de l'ensemble des consommateurs nécessaire pour écouler la production, etc. etc. La structure administrative et économique unitaire étant encore aujourd'hui la nation, chacune d'elle s'efforce de résoudre ses problèmes en exportant sa surproduction. Mais à long terme ceci est un leurre car nous sommes en réalité dans le cas de figure " circuit fermé " à l'échelle planétaire. Même si aujourd'hui on peut espérer de nouveaux marchés du fait de l'émergence des pays en voie de développement un jour très proche viendra ou l'économie mondiale se heurtera aux limites matérielles de la planète.
Nous atteignons actuellement une de ces limites : la production / consommation, c'est-à-dire la transformation, produit des éléments indésirés ; les déchets. Lesquels s'ils sont produits en quantité (" débit ") raisonnable sont recyclés naturellement. On peut également intervenir volontairement (" artificiellement ") dans le recyclage. Mais l'augmentation de la production de ces polluants étant liée à celle de la production / consommation et de la population, elle est également sans fin. Les déchets deviennent alors polluants. Nous savons aujourd'hui que l'augmentation de la production de gaz à effet de serre amènera un changement climatique qui risque de provoquer des catastrophes au début de ce millénaire dans la mesure où il n'était pas prévu…

Considérant tout cela, l'idéal serait un système économique géré mondialement ; une sorte " d'économie d'état mondiale " avec contrôle de la démographie et une production à la mesure des besoins réels. Cela peut s'imaginer grâce aux moyens nouvellement acquis : l'informatique et la télématique. Mais cela reste une utopie en raison du fonctionnement actuel des individus, du manque de maturité. Ces techniques merveilleuses étant par ailleurs elles-mêmes polluées par une complexification irrationnelle et des utilisations aberrantes. Ce fonctionnement économique ressemblerait probablement à ce que nous appelons aujourd'hui l'administration. Or le fonctionnement de ces entreprises d'état et l'échec retentissant des économies de l'Est semblent nous montrer que cela n'est pas réalisable. Aujourd'hui comme jadis nous avons besoin de lutte et de compétition pour nous motiver. La solution résiderait probablement dans ce concept de " désintéressement " (relativement à l'enrichissement personnel). Ce type de systèmes ne peut être viable qu'avec des individus capables de se motiver sans la compétition ou l'intérêt, un peu comme les savants ou les artistes des siècles passés poursuivant des objectifs désintéressés. Le désintéressement, le don de soi-même, un fort degré de conscience de la réalité sont des nécessités… Si nous ne le comprenons pas, et si le ciel nous tombe sur la tête, il ne faudra pas croire qu'il s'agit de punition divine. Ce ne sera que la conséquence de notre incapacité à nous gérer, et de notre manque de maturité.

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