L'«ouverture d'esprit»; élargissement du champ de compréhension ou conformisme aux nouveaux comportements mentaux? Pour une véritable ouverture d'esprit...
L'agitation sociale sur fond de remise en cause de l'autorité, en ce début d'année 2006, avait donné matière à de nombreux débats; entre autres à propos de l'enseignement. Au cours de
ceux-ci j'avais pu lire et entendre de la part de certaines personnalités politiques qu'un des objectifs de l'enseignement était l'«ouverture d'esprit».
Cette notion «d'ouverture d'esprit» entendue/lue ici comme souvent auparavant, et postulée comme essentielle, m'avais toujours gêné sans que je sache pourquoi. J'ai donc commencé par me demander ce que cela pouvait vraiment signifier. Cela pourrait à priori vouloir dire «élargissement du champs de compréhension». Mais le sens d'usage est ambigu ; après réflexion il me parait que la signification est entre autres mais essentiellement, «avoir la capacité d'accepter un certain nombre de choses par « humanité »». Sorte de tolérance maximum. Réaction également contre l'ancien monde reposant sur l'autoritarisme, la sévérité qui nous paraissait souvent arbitraire. Or, l'extrême tolérance des «choses» dites « humaines » va à l'encontre de l'esprit critique et de la capacité de jugement indissociables de la recherche de la compréhension sans idée préconçue. Car les émotions et les sentiments sont dans ce cas prépondérants, et on confondrait le fait de «comprendre», qui est indissociable de la recherche de l'objectivité et de l'analyse, avec celui de «compatir sentimentalement». On peut compatir également en comprenant les situations et les êtres, mais par similitude avec son propre vécu et/ou ses fonctionnements psychologiques propres -- donc de manière «projective», égocentrique --. Et l'«ouverture d'esprit» pourrait bien dans ces cas revenir à «plus de subjectivité». En fin de compte, le fait d'admettre l'«ouverture d'esprit» comme un des objectifs de l'enseignement pourrait bien (en raison de cela) être la consolidation de cette tendance amorcée il y a probablement longtemps ; le rétrécissement de la capacité d'analyse et de la Raison, la Raison étant la chose spécifiquement (et uniquement) humaine, et qui permet précisément la compréhension des choses et des autres. Par ailleurs un grand nombre de choses peuvent être considérées comme «humaines» ; comme le fait de chercher à nuire à autrui, la haine, chercher à «paraître avoir raison» au lieu de chercher à savoir si l'on a réellement raison, placer ses propres intérêts (ou ceux de son groupe) avant ceux de la collectivité et/ou de l'humanité etc. Ces côtés négatifs sont par définition «humains». Nous pouvons les comprendre (cela ne dépend que de notre capacité de compréhension), nous pouvons compatir, et nous pouvons les posséder. Mais dans tous les cas nous ne devons pas les admettre sous prétexte que «c'est humain».
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