pensée philosophique raison - réflexions
Philosophie de la raison
09/11/08

L’habit ne fait pas le moine ?!(2)

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Dans une réflexion précédente j’avais dit de l’adage « L’habit ne fait pas le moine » qu’il est un des rares a être totalement faux; car la manière dont nous nous présentons, notre apparence, est en rapport avec notre personnage. Certains dirons qu’il s’agit de notre « personnage social ». Mais ce « personnage social » ne fait-il pas partie de nous-même? Si ce n'était pas le cas, cela sous-entendrait que sous cette « enveloppe » il existe une « personne authentique » (?)…

...Nous sommes le résultat de notre être de départ, possédant des caractéristiques et des potentialités définies génétiquement, ET de notre histoire personnelle, de notre confrontation permanente avec notre environnement. Or et jusqu’à récemment, l’éducation dans des systèmes autoritaires a pu aboutir a des « personnages résultants » peut-être et parfois en trop forte opposition avec l’« état » de départ, ayant empêché l’être de développer ses potentialités. D’où à mon sens une impression de dissociation entre la personnalité ressentie comme « extérieure », ou « artificielle » (le « sur-moi » freudien), et un être intérieur plus « authentique ». Mais s’il n’y a pas de trop forte contradiction, le « personnage résultant » est bien la personne elle-même. Et nos comportements, nos manières comme nos modes vestimentaires font bien parti de nous-même, et cela même s’ils sont le fait (entre autres) de nos « cultures ».
Par ailleurs, et concernant le côté vestimentaire considéré souvent comme une sorte d’ « emballage », une des spécificité humaine parmi celles qui nous différencient radicalement des autres espèces (comme de notre état primaire), est notre prolongement dans la « matérialité »: Nous n’agissons plus sur l’environnement directement avec nos mains, mais par l’intermédiaire d’outils. Également nous mangeons à l’aide d’instruments; couteaux, fourchettes, baguettes … Enfin nous nous habillons. Et cela ne m’est dicté par aucune conviction morale ou religieuse. Ce sont des constatations. Et si l’explication de ces faits me parait difficilement pouvoir se résumer en quelques mots, un des aspects du mode (1) vestimentaire au cours des époques contemporaines, et qui est (ou était) la différence marquée du vêtement féminin et du vêtement masculin, me parait simple à exprimer; c'est à mon sens la nécessité de la différentiation poussée de l’Homme et de la Femme, menant aux concepts de féminité et de  masculinité, éléments déterminants  (en principe: (2)) dans la puissance du désir.

Comme je l’avais écrit dans ma réflexion précédente; imaginons un moine habillé non pas d'une robe de bure, mais d'une jupe plissé par exemple avec des talons aiguille, une chevelure sensuelle féminine et un maquillage de femme. Pourrait-on imaginer que cet être se « sente » réellement « moine »? Cela peut paraître une plaisanterie; mais de manière symétrique, et hormis les deux dernières années où la féminité semble être réhabilitée, l’ « évolution » du mode vestimentaire féminin au cours du dernier demi siècle, elle, ne porte pas à rire!…
1) Dans le TLFI, MODE:
« [...] I. Ce qui est établi de manière durable, stable. A. Vx. Manière d'être, de penser, d'agir, particulière à quelqu'un. [...] B. 1. Manière de se comporter propre à un groupe social, une région, un pays. Synon. coutume, habitude, tradition. [...]  »

2) A la condition évidemment que les goûts aient été formés dans la petite enfance - V La famille