"La Planète Raison" -- Extraits
Copyright Gilles Guérin / AI Editions
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16/03/08 - Pensée et Emotionel II (1) Page 52/29
Un fonctionnement affectif prépondérant et omniprésent
Pour un grand nombre d’entre nous dont le fonctionnement émotionnel et affectif est prépondérant dans la vie, c'est l'interaction des deux univers qui amènent un jugement, un regard sur la réalité des choses et des êtres, comme sur eux-mêmes. Il me semble même que l'on tendrait aujourd'hui vers une confusion totale de ces deux univers : Au cours d'une conversation sur un forum de philosophie quelqu’un avança que la conscience était « le résultat d'un dialogue entre la raison et les affects ».
De là une question s’impose d’elle-même : Pourquoi ne pas admettre ce fonctionnement comme normal puisqu'il nous paraît si naturel ?
La réponse est que si l'univers émotionnel et affectif intervient toujours dans la détermination des opinions, dans la formation ou le choix des idées, cela implique que la vision des choses, la conscience de chacun et de chacune, sera toujours dépendante du caractère, du fonctionnement psychoaffectif des personnes, et non de la réalité considérée seule. Ainsi, suivant que celles-ci seront sympathiques et avenantes, ou « méchantes », douces ou agressives, optimistes ou pessimistes, suivant leur sexe ou encore leur état de santé, la conscience d'une seule et même chose sera différente. Cela revient à dire que plus cet « univers émotionnel » est prépondérant dans la formation ou le choix des idées, plus le regard, le jugement sur les choses et les êtres (le « réel ») est subjectif et partial.
Dans un monde composé d'êtres dominés par leurs affects le concept d' « objectivité » sera toujours incongru.
Egalement et dans ce cas, la diversité humaine étant infinie, l'entente entre les êtres est obligatoirement illusoire ; chacun interprétant les observations de manière différente, même sans tenir compte de la notion d'intérêt personnel, le monde ne pourra jamais, être autrement que conflictuel.


Et c'est précisément cette démarche, ce fonctionnement de l’esprit humain qui constitue l‘irrationnel (1).
Dans cette logique de fonctionnement toute réflexion, démarche de pensée, vise à justifier -- ou agir pour -- des idées et des objectifs préétablis ou acceptés de manière plus ou moins affective -- ou « ressentie » --. Les échanges verbaux entre individus, les discussions se ramènent essentiellement à des joutes verbales ou chacun tente d'apparaître comme celui qui a raison afin d'imposer son opinion préétablie également de manière plus ou moins affective, et plus ou moins consciemment guidée par les intérêts personnels ou sectoriels. Par ailleurs l'état conflictuel des rapports et les tensions permanentes rend impossibles de réelles discussions constructives qui ne peuvent être que dans un climat de confiance et de non passion.
Au final, si ce fonctionnement (irrationnel) est plus proche de notre nature et plus propice à un fonctionnement d'une physiologie / psychologie de l’être, il est par contre synonyme de non progrès, de conflit de non maîtrise de la réalité. Majoritaire, il est par conséquent susceptible d'aboutir à terme à l'anéantissement d'une humanité composée de plusieurs milliards d'être possédant une technologie excessivement développée.

Selon un fonctionnement inverse, toute réflexion toute démarche de pensée ou toute discussion viserait de manière désintéressée à une toujours meilleure compréhension du réel. Conscients de ce que nos affects, nos sentiments et nos impressions contribuent à une compréhension erronée de la réalité, les discussions devraient être des confrontations d'idées et de vues ayant comme objectif unique de continuellement compléter et corriger, grâce à la critique qui est une démarche nécessaire et constructive, une vision du réel toujours incomplète. Ce type d'échanges ne peut se concevoir que dans un climat de confiance et de non passions, toute démarche ludique et stratégique étant naturellement exclue. Il serait obligatoirement sous-tendu par la conscience de la relativité de sa propre vie dans l'espace et dans le temps amenant comme seul désir celui d'oeuvrer pour l'intérêt général et l'avenir.

Mais cette part consciente de nous-mêmes qu'est la Raison est le dernier acquis, le plus récent, dans l'histoire du vivant. La part biologique / instinctive (beaucoup plus ancienne) s'est complexifiée pour donner cet univers « émotionnel ». Ainsi on peut imaginer que l'univers de la Raison, radicalement différent du fonctionnement animal reposant sur l'inné et les instincts, puisse être « moins au point » que celui de l'Emotionnel provenant plus directement de cette partie animale plus ancienne. Globalement, notre fonctionnement conscient est probablement « moins au point » que notre fonctionnement inconscient.
Cela pourrait expliquer que la Raison des êtres d'aujourd'hui puisse être plus faible, son fonctionnement plus problématique que la part inconsciente pour « capter » le réel. La Raison peut-être trop jeune en regard de l'histoire du vivant et insuffisamment développée chez certains, pousserait donc à croire (par « projection ») qu'elle ne peut aboutir qu’à une vision « rigide » des choses…


23/12/07 - Pensée et Emotionel I (2) Page 47/26
[…] Ce qui caractérise le bon fonctionnement de notre part « Raison » est inverse de ce qui caractérise le bon fonctionnement de notre part «Emotionnel ».
Partant de là il semblerait logique que tout ce qui appartient au monde des idées des opinions des décisions, de l'organisation sociale, l'enseignement l'éducation la politique (etc.) soit le résultat du fonctionnement de la raison humaine exclusivement.
[…]

23/12/07 - Pensée et Emotionel I (1) Page 44/24
[…] La pensée et l'émotionnel sont les deux parts antinomiques de nous-même.
La pensée est l'activité cérébrale, le fonctionnement « informatique », l'acquisition la plus récente dans l'histoire de l'évolution (1). C’est essentiellement ce qui permet d'appréhender le réel ; comprendre, résoudre les problèmes, agir. C'est --dans le principe-- ce qui amène la conscience (2).
L'émotionnel relève plus de l'activité végétative – ou plus précisément, hormonale -- ; ce sont les sentiments, les pulsions, les envies, les désirs, les états d'âmes, l'amour, la haine et la colère. C'est ce que l'on ressent dans le coeur et le ventre. Ce serait notre ancienne partie animale, évoluée, complexifiée. Et cela, même si une idée ou la conscience de quelque chose peut provoquer des sentiments et des émotions.
[…]

03/11/07 - Irrationnel et confusions / Le sens du « propre » et du « sale » Page 81/64
[…] Le dégoût de la saleté est spécifique à l'être doté d'une conscience / raison ; les animaux étant dépourvus de cette conscience / raison, les nourrissons ne l’ayant pas encore et certaines très vieilles personnes ne l’ayant plus, ils n'ont pas – ou plus -- ce dégoût, notamment celui des matières fécales. L'être intelligent et développé possède une sensibilité et une conscience des choses qui provoque ce rejet.[…]

23/07/07 - Rapport entre la conscience et le langage / Une idée répandue et erronée Page 81/48
Nous savons qu'il existe une relation entre la conscience et le langage, le degré d'évolution des individus et le nombre de mots qu’ils possèdent. Mais le fait que la plupart d'entre nous n’en comprennent pas la raison provoque des erreurs de jugement...

11/03/07 - Tois des causes –ou raisons d'être? -de la religion Page 57/32
La "sociabilisation", l'insatisfaction du besoin de comprendre, et la nécessite d'une conscience extérieure.

11/03/07 - Que faire? Page 181/104
Respect des spécificités et différences mais égalité des valeurs et développement de la Raison chez tout le monde

18/02/07 - La féminité, le « modèle féminin ». Nécessité de la différence Page 119/71
[…]L'identité féminine était peut-être viable mais il eût fallu qu’elle soit valorisée à l'égal de l'identité masculine et non ridiculisée et rabaissée en permanence[…]

04/02/07 - Hommes et femmes Page 119/71
[…]Ce qui était « mâles et femelles » dans notre état d'animalité ancestrale, est devenu aujourd'hui « hommes et femmes »[…]Contrairement aux mâles et aux femelles (souvent proches visuellement) les hommes et les femmes sont extrêmement différenciés[…]

21/10/06 - Le sens des mots: Définitions Page 26/11
[…] Comprendre » et « intelligence » - « Penser », « réfléchir ».[…]

10/10/06 - Le sens des mots: Définitions Page 25/10
[…] "Science" , "conscience" […]

09/09/06 - Formation de la conscience Page 95/57
[…] Concernant nos origines et selon un certain nombre de découvertes une hypothèse fut créée par le paléontologue Yves COPPENS ; selon lui, un de nos ancêtres le plus éloigné était un animal arboricole proche du chimpanzé actuel vivant dans la forêt équatoriale il y a une dizaine millions d'années. […]

11/08/06 - Un monde qui tourne à l'envers II Page 151/91
[…] La deuxième préposition signifie qu'il faut détruire le mythe du péché originel. Mais […] Si le mythe, met en scène des personnages comme un homme une femme et Dieu, ce ne sont que des symboles et doivent être pris comme tel. […]

02/07/06 - Un monde qui tourne à l'envers I Page 150/90
[…] Dans sa belle chanson " La femme est l'avenir de l'homme " le chanteur Jean Ferrat nous prédit, en même temps qu'il contribue à induire, une nouvelle manière d'être. Deux prépositions clés ; " le poète a toujours raison… " et " …qui détruit l'ancienne oraison ".
Dire que " le poète a toujours raison " sous-entend l'idée qu'une réflexion préalable,
[…]

04/06/06 - L'Irrationnel / Les sentiments font "passer" des idées Page 62/36
[…] Le fait que des sentiments fassent passer, accepter ou rejeter des idées (quelles que soient ces idées, leur degré de crédibilité), est caractéristique d'un monde dominé par l'irrationnel […]

24/04/06 - Pensée et Emotionnel I Page 46/25
[…] La planète de la pensée et de la raison […] La planète de l'émotionnel […]

24/04/06 - Pensée et Emotionnel I Page 47/26
[…] Lorsque la pensée est trop présente dans le domaine de l'amour et des passions, […] nous annihilons notre " capacité de vie ", notre spontanéité (notre " naturel "), par la gêne, […] Lorsque l'émotionnel dicte des actes, des idées et des prises d'opinion, c'est la déraison (9). Tout le monde sait cela implicitement ; […]

02/04/06 - Irrationnel et confusions / Les individus et le " collectif ". La politique Page 107/63
[…] Par nos comportements individuels, nos choix nos idées, souvent plus issues d'impressions de sentiments et de désirs que de réflexions tenant compte des nécessités, nous participons à l'évolution d'un monde que nous connaissons mal et de l'état duquel nous ne comprenons pas les raisons.
La démocratie étant le pouvoir de la majorité, ce " fonctionnement humain " répandu donne à la politique l'aspect d'un spectacle de Guignol, car le seul moyen d'agir des élus passe par leur capacité de séduction des populations.
[…]

11/03/06 - Pensée et Emotionnel I Page 44/24
[…] La pensée est l'activité cérébrale, […] l'acquisition la plus récente dans l'histoire de l'évolution (1). C'est essentiellement ce qui permet d'appréhender le réel ; comprendre, résoudre les problèmes, […] L'émotionnel relève plus de l'activité végétative - ou plus précisément, hormonale -- ; ce sont les sentiments, les pulsions, les envies, les désirs, les états d'âmes, l'amour, la haine et la colère. […] Et cela, même si une idée ou la conscience de quelque chose peut provoquer des sentiments et des émotions.[…]

19/02/06 - L'Irrationnel Page 62/35
[…] Le fait que le caractère, l'émotionnel de chacun, soit déterminant dans la manière de voir et de comprendre, constitue l'irrationnel. C'est l'ingérence de notre émotionnel dans notre Raison […] Si l'on accepte cela comme quelque chose de normale, nous ne pouvons espérer autre chose qu'une humanité chaotique et conflictuelle, puisque chacun aura une idée de la réalité, une position " politico-philosophique ", une conscience, conditionnée par son fonctionnement psychologique, son affectif, voire sa physiologie, et non issue de la seule considération de la réalité […]

04/02/06 - La connaissance, la pensée, la raison. Ce qui constitue la pensée. Page 34/17
[…] L'observation seule de la réalité environnante est insuffisante pour connaître celle-ci ainsi que les parts de réalité éloignées ou non perceptibles (1) : […]

20/01/06 - L'esprit critique Page 41/21
[…] L'être conscient, de par la nature même de la conscience, cherche à connaître, à comprendre et à juger. […] la simple mémorisation d'une information, pose le problème du degré de véracité de celle-ci. […]

01/01/2006 - Introduction Page 13/5 (Un monde magique)
[…] la recherche du bon sens, du développement de la pensée, de la capacité d'analyse et de compréhension du réel, est le seul espoir pour l'humanité avenir, la seule alternative au chaos qu’amèneraient l’affaiblissement de la Raison et des consciences individuelles dans un monde d'une complexité grandissante. […]

19/12/2005 - Préliminaire Pages 7/3 (Sur la nécessité de la recherche de la compréhension)
[…]Chercher à comprendre est la principale spécificité de l'humain...[…]

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