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Une émission diffusée sur « la 2 » pendant l'été 2006 et sur le sujet de l’écologie, la dégradation de l’environnement, de l’épuisement des ressources et du changement climatique, regroupait des personnalités – dont le photographe Yan Artus Bertrand et la ministre de l’environnement- . Au cours du débat il fut proposé un certain nombre d’idées dont par exemple l’encouragement des énergies renouvelables, l’optimisation de l’habitat individuel, encouragement de la voiture électrique etc. Toutes ces solutions préconisées aujourd’hui et dont certaines sont déjà en œuvre (énergies renouvelables, recyclage et tri sélectif) sont bien évidemment absolument nécessaires. Mais ce ne sont que des mesures d’urgences ; et apparemment personne ne semble aujourd’hui vouloir considérer le fond du problème… Constatons d’abord trois choses à mon sens essentielles : >> Toutes les politiques "de droite" comme "de gauche" ont un objectif commun et prioritaire : Le maintien de la croissance. Sacro-sainte Croissance qui lorsqu’elle n’est plus suffisante induit crises économiques avec tous les problèmes sociaux et la misère de pans de populations que cela amène.
En regard de ces quelques faits, il paraît évident qu’en voulant fuir les crises économiques nous nous condamnons à une augmention sans fin de la production et de la consommation par habitant ainsi que de la population. Les comportements individuels induits par cette société de consommation sont aujourd’hui caricaturaux. Les personnes ne se rendent absolument plus compte des quantités d’énergie nécessaires colossales utilisées pour nos déplacements continuels. Le monde est magique ; il suffit d’une simple pression exercée sans effort sur une pédale d’accélérateur pour se propulser avec son véhicule de 800kg de 0 à 50km/h par exemple… (Alors qu’un minimum d’observation et de réflexion devrait normalement permettre d’imaginer, comparé à la force humaine, l’énorme quantité d’énergie nécessaire) Également nous sommes sursaturés de biens de consommation et les fabricants pour produire et vendre encore et encore rivalisent d’ingéniosité pour créer de plus en plus souvent des quantités invraisemblables gadgets totalement inutiles, jouant sur le snobisme le conformisme et les effets de mode pour leur renouvellement. Et comment pouvons-nous penser sérieusement résoudre durablement nos problèmes de pollution et d’épuisement des ressources par de simples mesures tel que le recyclage et les énergies renouvelables , mais sans remettre en cause cette mécanique économique et la croissance continuelle et sans fin qu’elle implique !?
L’argent est en principe un moyen d'échange, et celui provenant de la production et de sa vente sert précisément à la consommation de cette production. C’est la société humaine qui produit et consomme. Mais il se trouve qu’une partie de cet argent étant capitalisé, la partie injectée dans la consommation est insuffisante pour écouler cette production. Autrement dit, globalement et en circuit fermé, un tel système ne nous permet pas d’acheter ce que nous produisons. Dans ce cas de figure le seule solution imaginable est le crédit : Nous empruntons (au capital ?) pour consommer suffisamment, mais comme nous sommes redevables nous devons par suite gagner plus, et pour cela produire plus et vendre plus. Nous emprunterons de nouveau et devrons gagner encore plus et donc produire encore plus… Si ce schéma excessivement simple paraît loin de notre réalité économique mondiale infiniment complexe, produire et vendre plus pour gagner plus, et gagner toujours plus pour consommer plus, est bien le grand principe à la base de nos économies nationales et des échanges internationaux. Le maintien de la machine économique exige une augmentation sans fin du nombre de consommateurs productifs. Cela nous a toujours poussé à encourager la natalité. D’où probablement l’augmention démographique exponentielle de ces deux derniers siècles. Conséquence perverse ; une proportion toujours insuffisante des productifs. Au plan international, les pays industrialisés profitent des matières premières et de la main d’œuvre bon marché des autres pour produire et vendre mieux chez eux. Mais c’est au détriment de leur emploi. Et si produire à moindre coût peut favoriser la consommation, la dégradation de l’emploi produit l’inverse. Ces autres pays qui constituaient le « tiers-monde » sont aujourd’hui et pour une part des pays « en voie de développement » et des pays sinistrés tel que ceux du continent africain (2). Et logiquement aux « politiques à vue » des pays riches, on voit maintenant dans les pays « en voie de développement » de nouveaux débouchés pour les exportations. Mais cela n’est valable qu’à moyen terme, car lorsque la planète ne comprendra plus que des pays « développés » avec peut-être encore des pays sinistrés donc inexistants au plan économique, nous serons alors et mondialement dans le cas de figure « circuit fermé ». Au final, si toutes ces mesures d’urgence préconisées sont absolument nécessaires pour avoir des chances d’éviter les grandes catastrophes écologiques que le monde scientifique prévoit, il est par contre excessivement dangereux de croire qu’elles peuvent suffire et nous éviter une remise en cause totale de notre système économique. Elles ne peuvent que repousser un peu plus l’échéance d’un chaos généralisé et d’une planète sinistrée. GG 1)Chiffres très approximatifs établis à partir de différentes sources dont WikipédiaHaut de page ______________________________________________________________________________________________ |