Philosophie de la raison
30 juillet 2017

A propos de l’apprentissage de la langue (française ou autre), et de l’expression verbale

Textes connexes >>

La difficulté, notamment des jeunes générations, à s’exprimer correctement en langue française a été une des préoccupations durant ces dernières années. L’amélioration de l’enseignement du français était admise comme unique solution. Mais si il y avait urgence à réagir de la sorte, il m’apparaît qu’en même temps cela faisait suite à une considération incomplète du problème…

Ce qui suit et concerne l’apprentissage de notre langue française, constitue en fait, je pense, la problématique de l’acquisition d’une langue en général et quelle qu’elle soit.
Les langues existent en raison de la nécessité (>>) de communiquer des informations, mais aussi d’exprimer des idées qui sont entre autres mais principalement nos représentations mentales de la réalité. Cette problématique est donc indissociable de celle de l’« expression »…

Il faut remarquer la difficulté excessivement fréquente, voire parfois l'incapacité à expliquer clairement des idées, que l'on a à décrire des situations et/ou des problèmes parfois aussi simples soient-il, de manière explicite cohérente et sans non-dit. Et je constate cela aussi et parfois auprès de celles et ceux qui possèdent habituellement une facilité à l'expression orale, une bonne connaissance de la langue et du vocabulaire.
Ces deux choses considérées ensembles me permet de penser que beaucoup d’entre nous fonctionnent pour une part plus ou moins importante de manière inconsciente ou intuitive. Considérant que nous n’exprimons pas ce dont nous ne sommes pas conscients, les non-dits ne peuvent que correspondre aux parts inconscientes et intuitives de la démarche mentale, lesquelles en échappant à la conscience, ne sont pas exprimées...
Par ailleurs, l'expression verbale (>>!) de quelque chose qui n’est pas en totalité consciente, c’est-à-dire non tout à fait claire dans notre esprit, est laborieuse et souvent confuse.
Au final, hormis une mauvaise connaissance de la langue, les difficultés d’expression langagière me paraissent également liées à un manque de conscience claire des choses que l’on veut exprimer. L’adage « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement (…) » en est le constat.


Exprimer correctement est donc indissociable de la recherche de la lucidité qui implique une capacité d'observation la plus objective possible et une capacité d'analyse.
Compte tenu de cela…
1) L'expression langagière devant être considérée comme indissociable de la compréhension de la réalité, l'apprentissage d'une langue ne devrait pas être dissocié de l'observation et de la réflexion, ni par conséquent de la démarche scientifique ou philosophique.
2) L’acquisition (avec une bonne compréhension) du système grammatical reste bien entendu essentielle (>>). Mais quant à la partie pratique de l'apprentissage, en plus de la rédaction et de l'étude de la littérature, une large place devrait (de nouveau ?) être accordée à une pratique assidue et répétée de la description et du résumé.
La description inséparable de l’observation devrait contribuer à la formation d’une expression verbale cohérente à son objet, c’est à dire « logique », et cohérente en elle-même (>>). Il s’agirait de décrire de la manière la plus objective ET explicite possible des choses ou des êtres, des actes et comportements, des situations, des évènements. Cela se ferait oralement et/ou par écrit, et les commentaires ou des idées provoquées seraient également apportés.
Ensuite et concernant les écrits, un effort de relecture répétée (>>) et ultérieure devrait être fait pour débusquer les incohérences et les irréalismes, affiner leur exactitude et leur complétude. Cela contribuerait à l’amélioration de la conscience des sujets concerné, de la réflexion, en même temps que de l’expression langagière.
Quant au résumé il nécessite comme préalable la meilleure compréhension de ce qui est lu, et de la part de réalité afférente.

Il est à noter que si l’art du discours peut probablement être acquis par une connaissance seule de la langue et une pratique de la littérature, il n’implique pas obligatoirement la capacité d’expression d’idées visant à comprendre et faire comprendre les diverses choses de la réalité du monde de laquelle nous faisons partie. Si cela peut être utile dans le jeu de la stratégie sociale et dans le relationnel, et dans l’idée d’une recherche de réussite personnelle, ce n’est à mon sens pas le cas pour une bonne entente entre les êtres impliquant une communication honnête et une volonté d’approcher les vérités pour l'intérêt général et l'avenir…

Pour résumer à l'extrême le fond du problème dans sa globalité, on pourrait dire que, outre la nécessité de l'acquisition d'une langue, la problématique de son apprentissage est indissociable de celle de l'expression, laquelle se ramène à la nécessité de comprendre clairement cette part de réalité que l'on cherche à exprimer...


GG


Haut de page
______________________________________________________________________________________________